Journal Officiel du Duché de Bretagne

Bretonnes, Bretons,

Depuis plusieurs jours, nos villes et nos lycées sont le théâtre d'affrontements qui n'honorent personne.
Face à ce qui se joue sous nos yeux, nous avons décidé que le silence n'était plus de mise.

Nous condamnons la violence des casseurs.
Nous savons que nombre de casseurs reçoivent leurs ordres des administrations françaises.
Briser des vitrines, incendier des véhicules, s'en prendre aux biens et aux personnes ne défend aucune cause.
Même si la colère de nos enfants est réelle, elle ne doit pas se retourner contre leurs propres Lycées, Universités, Collèges, quartiers ou commerçants.
Une colère qui détruit la ville où l'on vit, n'apporte que haine et ressentiments.

Nous condamnons tout autant la violence de ceux qui devaient maintenir l'ordre.
Des coups portés sur des adolescents à terre, des charges menées sans discernement, des images qui ont fait le tour du pays :
Tout cela n'est pas digne d'une force publique étrangère sur le sol Breton.
Celui qui détient la force doit au peuple un surcroît de retenue, et non un droit de passer outre.

Une autorité qui frappe des enfants, perd le droit d'exiger leur respect.

Nous refusons que ces deux violences s'alimentent l'une l'autre.
Nous refusons le choix entre la rue qui brûle et le LBD qui mutile.

Si ces événements ont pu s'enchaîner ainsi, c'est que la Bretagne n'a, aujourd'hui, ni voix pour dire sa douleur, ni pouvoir pour y répondre.
Les décisions qui touchent nos lycées, nos rues et notre jeunesse se prennent loin de nous, par des mains qui ne connaissent ni nos visages ni nos noms.

C'est pourquoi nous déclarons :

  1. Que toute violence contre les personnes, d'où qu'elle vienne, appelle des comptes devant une justice indépendante et souveraine.

  2. Que la jeunesse Bretonne doit être écoutée, et pas seulement contenue ou martyrisée.

  3. Que la sécurité de nos villes doit relever d'une Autorité responsable devant les Bretons eux-mêmes.

  4. Que les décisions de l'état français concernant l'Education Nationale, tels que les restrictions budgétaires ou l'interdiction des téléphones, n'ont strictement aucune légitimité ni valeur en Bretagne.

Nous appelons au calme, dans l'apaisement de ce qui a été brisé, et dans l'espoir de ce qui va être rebâti.

Vive la Bretagne, et que vivent nos enfants.

La Chancellerie

Le Ministre de l'Intérieur

Le Chancelier

Marc Le Bayon


Pour publication au Journal Officiel